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Arc de triomphe de Titus

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 Arc de triomphe de Titus
L'arc borde le Clivus Palatinus près de son intersection avec la Voie Sacrée, au sommet de la Velia (in summa Sacra Via) dans l'actuelle ville de Rome.

Cet arc a été construit en hommage à l’empereur Titus en 81 après J-C, ordonné par l’empereur Domitien. C’est en grande partie pour honorer ses nombreuses victoires comme lors de la guerre de Judée de 66 à 73 et surtout pour sa prise de Jérusalem. L’arc mesure 15 mètres de haut et a connu plusieurs rénovations.
C’est pourquoi, il est aujourd’hui encore en bon état. Vous pourrez alors encore y voir des détails gravés dans la pierre. C’est la première chose que vous verrez en visitant le Forum car il se trouve à l’entrée, du côté est.

À une date inconnue, une interdiction locale pour les Juifs de marcher sous l'arche a été placée sur le monument par le grand rabbinat de Rome. L'arc célébrait en effet la destruction du Second temple de Jérusalem et par delà cet évènement, la fin de l'existence d'un « État » juif. Cette interdiction a été levée par un grand rabbin lors de la fondation de l'État d'Israël en 1948, puis à nouveau publiquement lors de la fête de Hanoukka en 1997

La paroi intérieure de l'arc de Titus montre des prisonniers juifs, entourés de soldats romains, portant la Ménorah (chandelier à 7 branches des Hébreux), la table des pains de proposition, les tables de la Loi et l'arche de l’Alliance qui les contient.

Si la prise de Jérusalem, qui culmine en 70 par l’incendie du Temple, a été vécue de manière dramatique par les populations juives, elle est célébrée comme une grande victoire par le pouvoir romain. En 71, Titus triomphe à Rome et, dix ans plus tard, un arc de triomphe est érigé par Domitien en son honneur. On y voit les spolia du Temple, notamment un grand chandelier à sept branches porté en triomphe.

Les conséquences de cette défaite sont immenses pour les Juifs : Après la destruction du Temple d'Hérode, les Juifs se lamentaient de n'avoir plus qu'un pan de mur pour prier (le mur des Lamentations).

Temple Jérusalem Hérode

Le Temple de Jérusalem avait été agrandi par Hérode le Grand ; les travaux avaient commencé en 19 av. J.-C. Le chantier monumental a duré près de 46 ans, se poursuivant bien après la mort d'Hérode (et achevé brièvement avant sa destruction par les Romains en l'an 70).

Ces événements ont été racontés en détail par l'historien juif devenu par la suite romain Flavius Josèphe, qui a participé à la révolte avant d'être fait prisonnier en juillet 67 et d'entrer au service de Vespasien en 69.

Le Temple et Hérode font partie des Évangiles.

Dès la naissance de Jésus, Hérode, au soir de sa vie, obsédé par la peur d'être trahi et de perdre son pouvoir, devint extrêmement soupçonneux. Les intrigues de palais et les complots dynastiques nourrirent une paranoïa toujours plus grande. Si certains étaient bel et bien réels, d’autres furent le fruit de sa folie et de son imagination fertile. Prévenu par les Rois mages de l'avènement d'un roi des Juifs, il envoya ses soldats tuer, dans Bethléem, tous les nouveau-nés. Jésus et sa famille y ont échappé en fuyant vers l'Égypte après avoir été avertis par un ange.

Jésus est présenté au Temple peu après sa naissance (la Purification). À l'âge de 12 ans, il y est retrouvé assis au milieu des docteurs de la Loi, qu'il étonne par son intelligence.

Vers l'an 30, Jésus chasse les changeurs et les marchands installés dans les parvis, dénonçant la transformation de la « maison de mon Père » en « caverne de voleurs ».

Jésus annonce la destruction future du Temple, affirmant que « pas une pierre ne restera sur une pierre », ce qui se réalisera lors du siège de Jérusalem par l'armée romaine en l'an 70.

Ces épisodes sont mentionnés dans les quatre Évangiles canoniques (Matthieu, Marc, Luc et Jean).

Bérénice et Titus



Bérénice et Titus

C'est Néron qui avait envoyé le général Vespasien mater la rébellion juive. Mais Vespasien, devenu empereur, doit rentrer à Rome en décembre 69. Son fils Titus poursuit le siège de Jérusalem ; en 70, il conquiert la ville et le cœur de sa reine Bérénice.

Une fois Jérusalem anéantie, Titus va s’empresser de rejoindre Bérénice dans sa capitale. Ensuite, il va entreprendre une tournée triomphale dans l’Orient romain ; Bérénice et son frère Agrippa furent du voyage.

Titus rentre à Rome pour assister à son triomphe (fin 70 ou début 71).

En 75 après J.-C., Bérénice vient à Rome rejoindre son amant, mais toujours avec son frère. Elle va vivre avec Titus au vu et au su de tout le monde ; et ainsi va se créer un scandale qui durera quatre ans.

Pourquoi un scandale ? Pas pour une question de morale, mais parce qu’un Romain ne pouvait s’unir à une barbare.

Finalement, en juin 79, elle fut renvoyée de Rome. Lorsqu'il monta sur le trône impérial, succédant à son père Vespasien, Titus renvoya Bérénice, malgré lui et malgré elle.

On n’entendit plus parler de la reine Bérénice. Certains dirent qu’elle mourut l’année de l’éruption du Vésuve.

Titus et Bérénice au Château de Versailles

L'histoire d'amour impossible entre l'empereur romain Titus et la reine de Judée Bérénice est l'un des thèmes les plus célèbres et les plus influents de l'histoire du théâtre et des arts. Racine, Corneille et tant d'autres ont raconté cette tragédie amoureuse sacrifiée sur l'autel du pouvoir.

L'histoire d'amour entre l'empereur romain Titus et la reine juive Bérénice est devenue universellement populaire en novembre 1670.

En novembre 1670, Paris devient le théâtre d’un affrontement littéraire inédit :

Le 21 novembre 1670, Jean Racine fait jouer sa tragédie Bérénice à l'Hôtel de Bourgogne.

À peine une semaine plus tard, le 28 novembre 1670, son grand rival Pierre Corneille propose sa propre version, Tite et Bérénice, au Palais-Royal.

Ce choc des géants passionne le public parisien et la Cour. C'est la version de Racine, portée par l'actrice vedette Mademoiselle Champmeslé, qui remporte un immense triomphe et inscrit définitivement ce mythe dans l'histoire littéraire.

Si le public s'est immédiatement passionné pour cette histoire, c'est qu'elle résonnait fortement avec l'actualité de l'époque.

Quelques années plus tôt, le jeune roi Louis XIV avait dû renoncer à son grand amour, Marie Mancini (la nièce du cardinal Mazarin), pour des raisons purement politiques afin d'épouser l'infante d'Espagne. Le dilemme de Titus — sacrifier ses sentiments personnels au nom de sa fonction et de la raison d'État — offrait un miroir saisissant et un hommage direct au sacrifice du Roi-Soleil.

Château de Versailles Bérénice et Titus

Louis XIV voulut immortaliser cette histoire du renoncement amoureux face au pouvoir, qui l'avait si douloureusement marqué quand il dut écarter sa favorite, Marie Mancini. Il commanda au peintre René-Antoine la peinture du château de Versailles qui se situe au premier étage du corps central, sur l'écoinçon de l'angle sud-ouest de la voussure du plafond du salon de Vénus.

Intitulée Titus et Bérénice enchaînés de fleurs et de guirlandes par des amours, elle symbolise l'union entravée de ces deux figures historiques par le biais d'un décor en camaïeu d'or.

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